Le RGPD version terrain, pas version cabinet d'avocats. Ces trois lettres qui encadrent l'usage des données personnelles en Europe : ce que ça t'impose, ce que ça t'évite (une grosse amende), et comment continuer à growth-hacker proprement. Plus : utiliser l'IA sans te faire avoir.
La grande question qu'il résout
Comment mesurer et cibler sans franchir la ligne.
Format
Cours et atelier
Source
CNIL, terrain, usages IA
Dire quand un traceur exige le consentement, ou non
Reconnaître une mesure d'audience qui passe ou qui coince
Penser la conformité dès la conception, pas après l'amende
Se servir de l'IA en gardant la main sur la vérification
RGPD
Règlement Général sur la Protection des Données
Trois lettres qui font flipper tout le monde, et qu'on va dédramatiser. C'est la loi européenne qui encadre l'usage des données personnelles : qui vous pouvez suivre, comment, et avec quel accord. Ce n'est pas Voldemort, juste des règles du jeu. On apprend à jouer avec, pas contre.
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Pourquoi ça vous concerne
La conformité, c'est pas pour faire joli
Ce n'est pas de la paperasse de juriste. C'est ce qui vous évite une amende salée et vous garde la confiance des gens. Deux bonnes raisons très concrètes.
On mesure, on tague, on cible, on enrichit des CRM. Tout ça touche des données personnelles. Et là-dessus, il y a des règles, avec un gendarme qui tape fort.
150 M€
d'amende infligée à Google en 2021, juste pour des cookies déposés sans consentement clair
35 M€
pour Amazon la même année, pour la même raison
Au-delà de l'amende, il y a la confiance. Un internaute qui se sent fliqué part et ne revient pas. La bonne mesure, c'est celle qui est utile et propre. Commençons par le réflexe de base : ce clic, il faut son accord, ou pas ?
Jeu de tri6 à placer
Pour chacun de ces usages, faut-il demander le consentement de l'internaute ?
Consentement obligatoire
On demande avant
Pas de consentement
Sous conditions
Placez chaque étiquette pour vérifier.
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La ligne à ne pas franchir
La règle des quatre cases
Une mesure d'audience peut se passer du consentement, mais seulement si elle coche les quatre cases. Il en manque une, et vous repassez en zone consentement.
Pour vous seul
La mesure sert votre site, pas un tiers qui revend la donnée.
Stats anonymes
On produit des chiffres agrégés, pas un profil nominatif.
Pas de recoupement
On ne croise pas avec d'autres fichiers, CRM compris.
Pas de filature
On ne suit pas la personne de site en site.
Le piège classique
Vous installez un outil de mesure « anonyme », puis le marketing demande de le brancher au CRM pour reconnaître les clients. À cette seconde, vous avez recoupé, donc il faut le consentement. La conformité se perd souvent par petites commodités.
QuestionChoix unique
Un site e-commerce veut un outil de mesure d'audience, un pixel social et une connexion CRM. Lequel peut, sous conditions, se passer de consentement ?
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Le bon réflexe de conception
Propre dès le départ, pas après l'amende
La conformité ne se rajoute pas à la fin comme un bandeau cookies vite fait. Elle se pense au moment où vous concevez la mesure.
On appelle ça la conformité dès la conception : avant de poser un traceur, on se demande à quoi il sert vraiment, quelle donnée minimale suffit, et combien de temps on la garde. Moins on collecte, moins on risque.
La meilleure donnée pour dormir tranquille, c'est celle que vous n'avez pas collectée parce que vous n'en aviez pas besoin.
La tendance de fond
Les cookies tiers disparaissent, le pistage se durcit. Le futur appartient à la donnée first-party : celle que les gens vous confient directement, parce qu'ils voient ce qu'ils y gagnent. C'est plus propre, et souvent plus efficace.
Soyons clairs : le RGPD est une couche de contraintes, et oui, ça ralentit les e-marchands et les startups de l'Union européenne. Mais ça n'a jamais empêché un bon growth hacker de trouver des leviers. La règle ne tue pas la créativité, elle la déplace : on trouve la croissance dans le cadre.
La contrainte, ce n'est pas la fin du growth. C'est juste un terrain de jeu avec des lignes blanches.
Échange de valeur
Un bon opt-in, c'est un deal : du contenu ou une réduction contre un consentement clair. Les gens disent oui quand ils y gagnent.
First-party data
Compte client, programme de fidélité, quiz : faites-vous confier la donnée directement, plutôt que de pister en douce.
Consent mode
Quand l'internaute refuse, vous pouvez modéliser légalement une partie des conversions perdues. Mesure dégradée, mais conforme.
Mesure côté serveur
Plus robuste face aux bloqueurs, et plus maîtrisée. Un levier technique propre pour ne pas voler à l'aveugle.
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L'outil du moment
L'IA dans votre taf : elle propose, vous validez
L'IA va vous faire gagner un temps fou sur l'analyse. À une condition : ne jamais lui faire confiance les yeux fermés.
Une IA vous sort une synthèse en dix secondes. Le problème, c'est qu'elle peut inventer un chiffre, citer une source qui n'existe pas, et se moquer complètement de la conformité. Votre valeur, ce n'est plus de produire : c'est de vérifier.
À vérifier : les chiffres
Elle hallucine. Recalculez ce qui décide d'un budget.
À vérifier : les sources
Elle en invente. Vérifiez avant de citer.
À vérifier : la conformité
Elle s'en fiche. C'est à vous de garder la ligne.
Entraînez-vous tout de suite. Voici une analyse pondue par une IA. À vous de repérer les pièges glissés dedans : calcul tordu, fausse causalité, source inventée, angle mort de conformité.
Débusque l'erreur de l'IA0 / 6
Une IA a sorti cette analyse en dix secondes. Pour chaque ligne, dites si elle est fiable ou douteuse.
Le taux de conversion est passé de 2 % à 3 %, soit une hausse de 1 %.
Les ventes ont grimpé de 12 % le mois du lancement de la campagne Meta : la campagne a donc généré 12 % de chiffre d'affaires en plus.
Le coût d'acquisition est passé de 60 € à 45 €, soit une baisse de 25 %.
Selon une étude de Harvard de 2023, 73 % des achats en ligne sont impulsifs.
On peut déclencher le pixel de retargeting dès l'arrivée, avant le consentement, pour ne rien perdre.
Le panier médian s'établit à 48 €.
Pour les rendus de ce cours, la règle est claire et annoncée à chaque épreuve. Trois cas de figure, pas de zone grise.
Interdit
Sur cette épreuve, aucune IA. On veut votre raisonnement brut.
Autorisé si déclaré
Vous pouvez l'utiliser, à condition de dire où et comment.
Attendu
On vous demande de l'utiliser, puis de vérifier et de critiquer ce qu'elle sort.
Le deal
Vous avez le droit d'utiliser l'IA quand c'est annoncé, mais vous gardez la responsabilité de ce que vous rendez. Si elle se trompe et que vous signez, c'est vous qui signez.
EX
À vous de jouer
Exercices
Le face-à-face met toute la classe en mouvement, deux camps qui s'affrontent. Le vrai-faux qui suit n'est qu'un échauffement.
Face-à-face·La classe en deux camps
Tinder : l'équipe growth contre la CNIL
Tinder manipule des données ultra-sensibles : localisation en temps réel, orientation, préférences intimes. L'équipe growth veut tout exploiter pour mieux matcher et cibler la pub. La CNIL et le DPO posent les limites. Deux camps, audience publique.
L'équipe growth
Tout mesurer, tout cibler, ne rien perdre.
Plus on mesure, plus on vend, c'est mécanique
Les concurrents le font déjà, sinon on est largués
Demander le consentement, c'est perdre la moitié des données
Le business d'abord, la conformité on verra après
VS
La CNIL et le DPO
Faire respecter les règles sans tuer le business.
Le retargeting et le recoupement exigent le consentement
Minimisation : on ne collecte que le nécessaire
Pas de filature de site en site sans accord
Une amende coûte bien plus cher qu'un peu de données en moins
But du jeu : se neutraliser
On se neutralise en trouvant le compromis : ni tout interdire, ni tout permettre. On garde la mesure utile et légale (mesure d'audience anonyme, consent mode, first-party) et on lâche le tracking sauvage. Le growth a raison de vouloir mesurer, la CNIL a raison sur la méthode.
Vrai ou faux0 / 5
Une mesure d'audience anonyme et pour votre seul site peut se passer de consentement.
Le retargeting publicitaire ne demande pas de consentement.
Croiser sa mesure avec le CRM nominatif ne change rien à la conformité.
Moins on collecte de données, moins on prend de risques.
Si l'IA invente un chiffre dans votre rendu, c'est elle la responsable.
Ce qu'il faut retenir
01La conformité vous évite une amende et vous garde la confiance des gens.
02Consentement par défaut ; la mesure d'audience anonyme est l'exception, sous conditions.
03Les quatre cases : pour vous, anonyme, sans recoupement, sans filature.
04Conçois propre dès le départ, et collecte le minimum.
05L'IA propose, vous validez. Les chiffres, les sources, la conformité : à vous de vérifier.